L'entrée « Wall St » de la Bourse de New York (NYSE) à New York
par Coralie Lamarque
Wall Street est attendue en ordre dispersé jeudi et les Bourses européennes amplifient leurs pertes à mi-séance, les investisseurs évaluant avec précaution une des premières vagues de résultats de la saison, tandis que les tensions persistantes au Moyen-Orient viennent renforcer les craintes inflationnistes.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,22% pour le Dow Jones, mais en baisse de 0,14% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,58% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,84% à 8.311,62 points vers 11:05 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,73% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,38%.
L'indice EuroStoxx 50 recule de 0,53%, le FTSEurofirst 300 de 0,63% et le Stoxx 600 de 0,56%.
Alors que les opérateurs digèrent encore la série de résultats de la matinée, plusieurs indicateurs économiques américains attendus plus tard dans la journée devraient également attirer l'attention des investisseurs, à la recherche d'indications complémentaires sur l'inflation et l'impact du conflit toujours en cours au Moyen-Orient.
L'économie britannique renoue avec une croissance timide, le PIB ayant progressé de 0,1% en mai, témoignant d'une confiance fragile des entreprises dans un contexte marqué par la guerre en Iran et un changement de Premier ministre au niveau national.
Les analystes continuent toutefois de croire qu'il pourrait s'agir de la meilleure saison de publication des résultats en Europe depuis plus de trois ans, même si des inquiétudes persistent quant au manque d’exposition significative de la région à l’IA, contrairement aux États-Unis, ainsi qu’à la hausse des coûts liée au conflit au Moyen-Orient.
"Pour l’instant, nous préférons adopter une position neutre entre les États-Unis et l’Europe, et surpondérer légèrement l’Europe dans la mesure où nous pensons que le conflit pourrait s’apaiser à nouveau", a déclaré Michele Morganti, stratège actions senior chez Generali Investments.
"Nous pensons que l’Europe pourra alors retrouver son élan économique et que les bénéfices pourront eux aussi se redresser", a-t-il ajouté.
Au Moyen-Orient, la reprise des hostilités ne faiblit pas, les États-Unis ayant mené mercredi de nouvelles frappes en Iran tandis que Téhéran a visé en réponse des sites militaires américains dans la région.
Les tensions se sont intensifiées depuis que l'Iran a annoncé samedi avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz à la navigation, suscitant un regain d'inquiétudes chez les investisseurs concernant l'approvisionnement en énergie fossile et l'inflation, tandis que Washington a également rétabli le blocus des ports iraniens.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
À Paris, Publicis prend 2,5% au gré de la publication des résultats du groupe, se hissant en tête du CAC 40.
En dépit des résultats record du géant taïwanais des semi-conducteurs TSMC, qui a enregistré un bond de 77% de son bénéfice au deuxième trimestre, le secteur technologique européen fait face à l'adversité après une forte progression au trimestre précédent.
Lanternes rouges respectivement du CAC 40 et du SBF 120, STMicroelectronics et Soitec perdent 3,7% et 7,6%.
Le groupe français de centres d'appels TP perd 3,7% après que JP Morgan a repris le suivi de la valeur avec une recommandation à "sous-pondérer".
PÉTROLE
Les cours pétroliers reculent légèrement, les investisseurs évaluant prudemment l'escalade des tensions entre les États-Unis et l'Iran ainsi que les risques pesant sur l'approvisionnement en pétrole transitant par le détroit d'Ormuz.
"Le marché réagit toujours avec un calme surprenant", a déclaré Ole Hvalbye, analyste de marché chez SEB Research.
"Il semble raisonnable de penser que les prix pourraient continuer à grimper vers 90 à 95 dollars, voire atteindre à nouveau la barre des 100 dollars, car le détroit d’Ormuz est régulièrement perturbé, ce qui crée une incertitude quant aux flux pétroliers en provenance du Golfe", a-t-il ajouté.
Le Brent cède 0,22% à 84,76 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) reste stable (-0,01%) à 79,59 dollars.
TAUX
Les taux obligataires américains sont à la hausse jeudi, venant contrecarrer les précédentes séances de baisse, alors que les indicateurs économiques publiés ces derniers jours ont laissé entrevoir un recul des craintes inflationnistes.
Le rendement des Treasuries à dix ans progresse de 3,0 points de base à 4,5754% et le deux ans de 3,2 points de base à 4,1598%.
En Europe, le rendement du Bund allemand à dix ans avance de 2,6 points de base à 3,1409% et le deux ans de 2,7 points de base à 2,7524%.
CHANGES
Le marché des changes observe peu de variations, le dollar se maintenant proche de son plus bas niveau en l'espace d'un mois.
Les investisseurs évaluent les données concernant l'inflation américaine ainsi que le risque d'une nouvelle flambée des cours du pétrole susceptible de soutenir le billet vert.
L’économie américaine est moins exposée aux chocs énergétiques que bon nombre de ses pairs, ce qui contribue à attirer les flux vers le dollar en tant que valeur refuge lorsque les cours du pétrole augmentent, souvent au détriment de l’euro et du yen.
Le dollar grappille 0,06% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro grignote 0,02% à 1,1465 dollar.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 16 JUILLET :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions au chômage sem. 11/07 217.000 215.000
USA 12h30 Indice "Philly Fed" juillet +13,0 +10,3
USA 12h30 Ventes au détail juin +0,2% +0,9%
LA SITUATION SUR LES MARCHÉS
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Coralie Lamarque, édité par Augustin Turpin)

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